Zone de chalandise : définition et usage en pricing

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Relevez-vous les concurrents qui comptent vraiment pour chaque magasin ?

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Définition

La zone de chalandise est l'aire géographique d'où provient l'essentiel de la clientèle d'un point de vente. Elle se mesure le plus souvent en temps de trajet plutôt qu'en kilomètres. Pour les prix, elle répond à une question précise : quels concurrents un magasin affronte réellement. C'est sur eux que se choisissent les relevés de prix, les règles d'alignement et, le cas échéant, des prix différents d'un magasin à l'autre.

L'essentiel en 6 questions

Quoi ?

L'aire d'où vient l'essentiel des clients d'un magasin.

Pour qui ?

Direction réseau, pricing, expansion, marketing local.

Quand ?

À l'ouverture, puis à chaque ouverture concurrente.

Où ?

Autour de chaque point de vente, magasin par magasin.

Pourquoi ?

Savoir quels concurrents comptent pour ses prix.

Comment ?

Temps de trajet, adresses clients, carte des concurrents.

Zone primaire, secondaire et tertiaire

La zone de chalandise n'est pas un cercle uniforme : on la découpe selon la part de clientèle que chaque couronne apporte.

ZoneCe qu'elle représenteCe qu'elle dit pour les prix
PrimaireLes clients les plus proches, qui font l'essentiel du chiffre d'affairesLes concurrents de cette zone sont ceux à suivre en priorité
SecondaireDes clients plus éloignés, qui viennent moins souventLes concurrents comptent sur les achats planifiés et les gros paniers
TertiaireUne clientèle occasionnelle ou de passagePeu d'effet sur le positionnement prix du magasin

Les limites se tracent le plus souvent en temps de trajet, en voiture ou à pied selon le format. Un hypermarché et un magasin de proximité n'ont pas la même zone, même à la même adresse.

Les adresses des porteurs de carte, quand elles existent, permettent de vérifier la zone réelle plutôt que la zone théorique.

Quels concurrents relever dans une zone de chalandise ?

La zone de chalandise transforme une liste de concurrents nationale en une liste propre à chaque magasin.

Un magasin n'est pas en concurrence avec toutes les enseignes du pays, mais avec quelques points de vente proches, plus les sites en ligne que ses clients consultent.

Choisir les bons concurrents est la première étape de l'analyse de la concurrence. Une liste trop large génère des alertes inutiles, une liste trop courte laisse passer la menace réelle.

Le relevé de prix se concentre alors sur ces concurrents locaux et sur les produits que les clients comparent vraiment. Le choix des références est traité dans notre article sur les produits à surveiller.

Exemple : un réseau découpé par zones de chalandise

Un réseau de magasins qui raisonne zone par zone ne relève pas les mêmes concurrents partout, et ne pratique pas forcément les mêmes prix.

Cas illustratif · un réseau de 40 magasins
40

magasins, chacun avec sa propre zone de chalandise.

3 à 5

concurrents réellement en face de chaque magasin, au lieu d'une liste unique de 12 enseignes relevées partout.

6

groupes de magasins à la concurrence comparable, qui partagent une même grille de prix.

Le réseau relève moins de concurrents, mais les bons : les alertes portent sur des écarts qui touchent réellement les clients de chaque magasin.

Zone de chalandise et prix locaux

Quand la concurrence diffère fortement d'une zone à l'autre, un prix national unique devient soit trop cher ici, soit trop bas là.

Le geopricing en tire les conséquences : regrouper les magasins aux zones de chalandise comparables et leur attribuer une grille commune.

Deux magasins dont les zones se recouvrent doivent rester proches en prix. Sinon, le client compare et l'image prix en souffre.

Le choix entre prix unique et prix par zone n'est pas seulement technique, il touche à la gouvernance du réseau. Le débat est développé dans notre article faut-il le même prix dans tous les magasins.

Faire vivre la zone de chalandise dans le pricing

Notre conviction : la zone de chalandise n'est pas une étude d'implantation que l'on range, c'est un paramètre vivant des règles de prix.

Une ouverture, une fermeture ou un concurrent qui change de format modifie la concurrence d'un magasin du jour au lendemain. La politique d'alignement doit suivre.

Dans un réseau mixte, succursales et franchisés ne décident pas des prix de la même façon : voir la gouvernance des prix en réseau.

C'est le rôle de nos relevés de prix et webscraping : collecter les prix des concurrents propres à chaque magasin. La décision de prix unique ou locale se construit, elle, avec l'élaboration de votre stratégie prix.

Questions fréquentes

Les réponses courtes aux questions les plus posées sur la zone de chalandise.

Qu'est-ce qu'une zone de chalandise ?

Une zone de chalandise est l'aire géographique d'où provient l'essentiel de la clientèle d'un point de vente. On la découpe généralement en zone primaire, la plus proche et la plus contributrice, puis en zones secondaire et tertiaire. Elle se mesure le plus souvent en temps de trajet plutôt qu'en distance, car c'est le temps qui décide du choix d'un magasin. Elle sert à l'implantation, au marketing local et au pricing : elle dit quels concurrents un magasin affronte réellement, donc ceux dont les prix comptent pour lui.

Comment délimiter une zone de chalandise ?

On délimite une zone de chalandise à partir du temps de trajet nécessaire pour rejoindre le magasin, puis on la confronte à la réalité des clients. Les courbes de temps de trajet, appelées isochrones, donnent une zone théorique selon le format et le mode d'accès. Les adresses des porteurs de carte ou des clients livrés permettent ensuite de vérifier d'où viennent réellement les achats. Les obstacles physiques, comme un fleuve, une voie rapide ou un centre commercial concurrent, déforment souvent la zone. La carte des concurrents se superpose enfin à cette zone.

Quelle différence entre zone primaire, secondaire et tertiaire ?

La zone primaire regroupe les clients les plus proches, qui réalisent l'essentiel du chiffre d'affaires du magasin et y viennent souvent. La zone secondaire rassemble des clients plus éloignés, qui viennent moins souvent, plutôt pour des achats planifiés ou de gros paniers. La zone tertiaire correspond à une clientèle occasionnelle ou de passage. Les seuils qui séparent ces zones varient selon le format : un magasin de proximité se juge en minutes à pied, un hypermarché en minutes de voiture. Pour les prix, la zone primaire est celle qui compte le plus.

Pourquoi la zone de chalandise compte-t-elle pour fixer les prix ?

La zone de chalandise compte pour fixer les prix parce qu'elle désigne les concurrents que les clients d'un magasin peuvent réellement comparer. Un écart de prix avec une enseigne absente de la zone n'a presque pas d'effet sur les ventes ; le même écart avec un concurrent situé à cinq minutes peut en avoir beaucoup. Raisonner par zone évite donc deux erreurs : s'aligner sur des concurrents qui ne menacent pas le magasin, et ignorer celui qui capte réellement ses clients. Elle oriente aussi le choix entre un prix national unique et des prix par groupe de magasins.

Quels concurrents relever dans sa zone de chalandise ?

Il faut relever les concurrents physiquement présents dans la zone primaire, plus les sites en ligne que les clients du magasin consultent réellement. En pratique, un magasin affronte rarement plus de quelques points de vente directs, même dans une zone dense. Les enseignes du même format et les discounters proches sont souvent prioritaires. La liste se revoit à chaque ouverture, fermeture ou changement de format d'un concurrent. Relever peu de concurrents bien choisis, sur les produits que les clients comparent, donne une information plus utile qu'un relevé large et uniforme sur tout le réseau.

Faut-il des prix différents selon la zone de chalandise ?

Pas toujours, mais c'est une question à se poser dès que la concurrence diffère fortement d'un magasin à l'autre. Un prix unique est simple à communiquer et protège la cohérence de l'enseigne. Il devient coûteux quand il est trop élevé face à un concurrent agressif dans certaines zones, et trop bas là où il n'y a pas de concurrence. Le geopricing répond en regroupant les magasins aux zones comparables sous une même grille. Deux magasins dont les zones se recouvrent doivent alors rester proches en prix, sinon les clients comparent et l'image prix en souffre.

À quelle fréquence revoir une zone de chalandise ?

Une zone de chalandise se revoit à chaque événement qui modifie la concurrence ou l'accès au magasin, et au moins une fois par an. Les événements déclencheurs sont connus : ouverture ou fermeture d'un concurrent, changement de format, travaux qui modifient les trajets, arrivée d'un service de livraison rapide. Entre deux révisions, les données de carte de fidélité permettent de repérer un glissement de clientèle. Une zone figée depuis l'ouverture du magasin conduit souvent à relever des concurrents qui ne comptent plus et à en ignorer de nouveaux.

Quelle erreur éviter en utilisant la zone de chalandise pour les prix ?

L'erreur la plus fréquente est de traiter chaque magasin isolément, sans regarder les zones qui se recouvrent. Deux magasins proches, avec des prix très différents, s'exposent à la comparaison directe de clients qui fréquentent les deux. Une autre erreur consiste à ne retenir que les concurrents physiques et à oublier les sites en ligne consultés par les clients de la zone. Enfin, multiplier les grilles de prix par magasin complique l'exécution sans toujours rapporter plus de marge. Quelques groupes de magasins à la concurrence comparable suffisent dans la plupart des réseaux.

À retenir

  • La zone de chalandise est l'aire d'où vient l'essentiel des clients d'un magasin, mesurée en temps de trajet.
  • Elle désigne les concurrents à relever et ceux sur lesquels s'aligner, magasin par magasin.
  • Elle fonde le choix entre prix unique et prix par groupe de magasins.

Vous souhaitez relever les bons concurrents, magasin par magasin ?

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